Orientations et perspectives de la Stratégie Nationale pour l’Emploi à l’horizon 2025

Print Friendly, PDF & Email

La nécessité d’avoir une nouvelle vision de l’action publique pour la prise en charge de la problématique de l’emploi et du chômage, selon une approche holistique, concertée et innovante, a conduit le gouvernement à adopter une stratégie nationale pour l’emploi (SNE) à l’horizon 2025. La SNE se donne comme objectif central de promouvoir l’emploi décent à travers une croissance riche en emplois productifs et de qualité, l’accroissement de la participation des jeunes et des femmes dans le marché du travail, le renforcement de l’égalité dans l’accès aux emplois et la réduction des disparités territoriales d’emploi. Cette stratégie ambitionne de promouvoir un environnement institutionnel, juridique et économique favorable à la création d’emplois productifs et décents, tout en mobilisant l’ensemble des leviers susceptibles de créer des emplois en quantité et qualité suffisantes et en impliquant l’ensemble des acteurs concernés par la question de l’emploi.
La SNE se décline en quatre orientations stratégiques fortement dépendantes et tiennent compte des dimensions aussi bien spatiales, générationnelles que de genre et se présentent comme suit :

i. La promotion de l’emploi productif : Il s’agit de prendre des mesures au niveau macroéconomique et des secteurs pour préserver et développer la création d’emplois dans les secteurs exposés à la concurrence, pour renforcer l’encadrement des PME et promouvoir la création d’emplois de services au niveau territorial, services à la personne, aux entreprises et à l’environnement. Des programmes seront mis en place en complémentarité avec les programmes sectoriels déjà engagés en faveur des PME et des TPE pour stimuler l’inclusion dans l’emploi de la main d’œuvre qualifiée, des femmes et des jeunes.
ii. La valorisation du capital humain : Il s’agit, en liaison avec les politiques engagées par les ministères et les organismes publics et privés concernés, d’engager des actions pour faciliter l’accès des femmes aux emplois, de mettre en place des dispositifs pour la formation des jeunes précocement déscolarisés, de renforcer l’employabilité des chômeurs, de développer formation alternée et la formation par apprentissage et d’améliorer l’orientation au niveau des établissements scolaires.
iii. L’amélioration des politiques actives de l’emploi : Il s’agit d’étendre les services de l’emploi (orientation des chercheurs d’emploi et des porteurs de projets d’auto-emploi – rapprochement des entreprises avec les chercheurs d’emplois et établissements d’enseignement et de formation) qui devront couvrir tous les profils de chercheurs d’emplois (diplômés et non diplômés) et bénéficier aux femmes inactives et aux personnes à besoins spécifiques. Pour cela, des mesures ciblées sont proposées pour compléter le dispositif existant. Il sera fait appel pour leur mise en œuvre au partenariat public-privé des acteurs du marché du travail privés, associatifs et publics autour de l’ANAPEC.

iv. L’amélioration du cadre de gouvernance du marché du travail : Il est proposé des ajustements du cadre réglementaire régissant la relation de travail et l’intermédiation du marché de travail en vue de l’adapter à l’objectif de développement de l’emploi. Les mesures proposées visent à mieux protéger les travailleurs en situation précaire, faciliter l’entrée des femmes sur le marché du travail et à encourager l’embauche des jeunes par les entreprises. Ces mesures vont de pair avec le projet d’élargir l’IPE, sans alourdissement de la charge pesant sur les entreprises, avec celui de développer des actions faisant appel à la concertation, à la responsabilité sociale et au contrôle pour pousser les entreprises vers la formalité.

Le pilotage de l’implémentation de la SNE, coordonné par le Ministère de l’emploi et des affaires sociales, est mené au plus haut niveau de l’Autorité Gouvernemental (Chef du gouvernement) qui préside le Comité Interministériel de l’Emploi. Les travaux de préparation du plan d’action de mise en oeuvre de la SNE sont en cours.
A la lumière des tendances qui se dégagent de l’analyse de la structure et de l’évolution du marché du travail au Maroc et compte tenu des orientations du pays vers une ouverture commerciale de plus en plus affirmée, il serait fort judicieux de procéder à une évaluation de la nature des liens entre la stratégie nationale de l’emploi et les performances du commerce extérieur du Maroc.
A ce titre, notre analyse se focalisera sur les mutations de l’environnement institutionnel et les orientations majeures de la politique commerciale tout en appréciant l’évolution des échanges extérieurs du Maroc et leur contribution à la dynamisation du marché de l’emploi.
Par ailleurs, une attention particulière sera accordée aux efforts déployés en vue d’assurer une articulation efficace de la politique commerciale et les différentes politiques sectorielles lancées pour aboutir à une consolidation de la compétitivité et de la diversification de l’offre exportable du Maroc en perspective d’une meilleure insertion dans les chaînes de valeur mondiales.
De surcroît, les principales études menées en vue de mesurer l’impact potentiel du commerce extérieur sur la création d’emplois aussi bien au niveau national qu’au niveau de certains pays en développement feront l’objet d’une lecture critique en vue d’en faire ressortir les principaux enseignements.