Le secteur Informel au Maroc

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Selon les derniers chiffres publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) en 2016, relatifs aux caractéristiques du secteur informel en 2013, ce dernier continue de représenter un poids considérable dans l’économie nationale, avec tout ce que cela engendre comme effets négatifs sur le secteur formel et sur la société, en général. Ainsi, le nombre d’unités de production informelles au Maroc serait passé de 1 550 000 à 1 680 000 unités, entre 2007 et 2013. En plus, le secteur informel représente environ 12,6% de la valeur ajoutée totale du pays en 2013, avec une croissance annuelle moyenne de 6,5% depuis 2007. Il représente aussi 4% de la masse salariale totale et près de 36,3% de l’emploi non agricole du Maroc. Par ailleurs, force est de constater que son intégration économique au secteur formel reste très limitée, puisque près de 71% de ses approvisionnements proviennent du secteur informel lui-même et 77,8% de ses ventes vont vers les ménages. Parallèlement à ce constat, il s’agit d’un secteur vulnérable, avec 98% de la main d’œuvre sans couverture médicale, 97% ne disposant pas de contrat de travail écrit et une majorité caractérisée par un faible niveau d’instruction. En outre, la vulnérabilité de l’informel se reflète aussi au niveau de sa structure, étant donné que c’est un secteur qui reste dominé par les petites et microentreprises, avec 50% des UPI réalisant un chiffre d’affaire annuel inférieur à 100 000 dhs.

Ces éléments ne font que confirmer le caractère persistant des activités informelles au Maroc, mais surtout la complexité qui les englobe. Ainsi, il faut réfléchir davantage aux causes d’absence ou parfois du manque d’efficacité des mesures engagées jusqu’à aujourd’hui.

Il s’agit d’identifier, d’examiner des mesures incitatives, existantes ou à venir, susceptibles d’encourager le passage vers le formel, au moins de compenser le manque à gagner qui pourrait résulter de cette transition pour les populations concernées.